Général Paul-Emile BODARD (1863-1931

Général Paul-Emile BODARD (1863-1931)

Pharmacien-Général de l’Armée

 

Elève brillant, il se passionne très jeune pour la chimie, ce qui détermina ses parents à le placer dans une grande pharmacie moulinoise où il acquit une solide instruction. Pour réduire les sacrifices de ses parents. De condition modeste, il s’oriente vers la pharmacie militaire et est admis au Val de Grâce dont il sort major.

 

Pharmacien militaire, d’abord en Algérie, puis à Paris à la Pharmacie Centrale de l’Armée, il retourne en Algérie à Constantine, Batna et Philippeville. Il rentre alors définitivement en France d’abord aux Laboratoires d’Analyses de la Pharmacie Centrale à Paris, puis à l’Hôpital Thermal de Vichy au 13ème Corps d’Armée (de Clermont Ferrand).

 

Il est promu successivement sous-lieutenant en 1887 puis lieutenant deux ans plus tard. Il devient capitaine en 1895 puis commandant en 1905. Il est fait chevalier de la légion d’honneur en 1901.

 

Homme de confiance et de devoir, il va jouer un rôle-clé pendant la guerre de 14/18 à la Pharmacie Centrale de Marseille. De cet établissement dépend l’approvisionnement de nos colonies et surtout de nos troupes combattant en Orient ; d’abord aux Dardanelles en 1915, puis à Salonique, en Macédoine à partir de 1916, enfin jusqu’en Serbie, Hongrie et Roumanie à partir de l’automne 1918. L’armée du Général Franchet d’Esperey compte, mi-1918, 650.000 hommes. Elle enfonce le front germano-bulgare le 15 septembre 1918 et entame une longue marche pour libérer nos alliés serbes. Au-delà des pertes au combat, elle est lourdement frappée par l’épidémie de grippe espagnole.

 

L’armée d’orient est fournie, sans rupture, avec régularité, de tout ce qui lui est nécessaire.

 

Pour tous ces bons services, Paul-Emile BODARD est nommé Colonel et fait Officier de la Légion d’Honneur fin 1918. Le 8 mars 1920, il est nommé Pharmacien-Général de l’Armée.

 

Il revient à Paris et prend sa retraite en 1923 pour « faire sa cure de tranquillité » à Cérilly dans son pays natal où il mourut le 11 février 1931.

 

Cet homme intelligent et atypique avait su s’élever d’une condition modeste à un grade unique dans l’armée, dans le métier qu’il avait choisi.